mercredi 15 mai 2013

Réalisation d’une table aspirante

Tout d'abord à quoi ça sert?
Souvent les tables et éclisses que l'on achète ont des épaisseurs entre 3 et 5 mm. Or, on est loin des épaisseurs pour pouvoir travailler qui sont grosso modo entre 2 et 3 mm pour une table ou un fond (ça dépend de ce qu'on veut faire) et de 2 mm voire moins pour les éclisses.

Pour mettre à épaisseur, il y a plusieurs manières:
  • si on a les moyens, on achète une calibreuse qui nous permet de descendre à la bonne épaisseur (comme une rabot mais avec une bande de poncage: on peut travailler plus finement).
  • si on est très bricoleur, on se construit sa calibreuse.
  • si on a le temps et l'énergie, on rabote à la main et on ponce à la fin. Mais c'est très long et fastidieux surtout pour avoir quelque chose de propre et à peu près régulier.
  • on se fait un montage avec une raboteuse ou une ponceuse manuelle
Tout ces techniques, je les ai vu sur le net donc si ça vous intéresse "Google est votre ami"!. Personnellement, j'ai choisi de faire une table aspirante qui va plaquer le bois de manière parfaitement plane. Et je passerai ensuite avec une défonce avec une fraise à surfacer pour descendre progressivement le bois jusqu'à l'épaisseur voulue. Pareil, c'est un truc que j'ai trouvé sur le net!



Matériel :
-          une planche de MDF 80x40x19
-          une planche de MDF 80x40x5
-          des tasseaux en pin
-          joint silicone
-          joint de calfeutrage
-          vis à bois
-          vis et papillons (diamètre 6)


Version simple table aspirante (pour maintenir un objet par exemple)

Voilà le matos!


Sur la planche de MDF en 19 on trace un quadrillage pour l’emplacement des trous de la table aspirante en pensant que sous les bords il y aura les tasseaux.



Allez c’est parti pour près de 400 trous !!

Un  pour mon papa, un pour ma maman, ... Il en faut une grande famille, non? :)


Voilà ce qui arrive quand on achète du premier prix … Ce n’est pas moi qui suis fort, c’est le forêt qui est pourri !!


Zoom sur ce forêt de m...
Voilà le dessus terminé.


On passe à l’arrière en plaçant les tasseaux de pin et en les visant.



Au final, avec cette configuration et mon aspirateur, l’aspiration n’était pas satisfaisante (j’ai fait un test rapide en refermant avec la deuxième planche de médium, je réduis le caisson en ne gardant que la partie percée. La partie ouverte sur la droite permettra de mettre la buse de l’aspirateur.



Pour éviter les pertes d’aspiration entre les tasseaux et les planches, je rajoute du joint en silicone.



Je chipote mais je ne voulais pas mettre de silicone dans mes trous d’où le scotch de masquage.






Pour le dessus du caisson, je décide de mettre du joint en bande (pour les fenêtres d’habitude). Cela va créer une différence de hauteur avec les tasseaux sur les côtés et, lorsque l’on va fixer la deuxième planche de médium, permettre une très bonne isolation.



Fermeture du caisson.



Seul, le contour est vissé : le joint en bande est alors compressé.



Table quasiment finie. Pour une table aspirante, pour caler des objets à travailler (ponçage, défonçage, …) on peut s’arrêter là. Pour moi, j’en avais besoin pour mettre à épaisseur des éclisses, des fonds, des tables, … donc j’ai un petit peu continuer ! J



  
Version pour mettre à épaisseur

Je rajoute deux tasseaux (parfaitement rabotés) que je laisse dépasser de la table que je visse. Le dépassement des tasseaux permettra à la défonceuse d’aller plus loin, c'est-à-dire jusqu’à l’extrémité de la table : on exploite donc les 800 mm de la table (800 mm c’est généralement la longueur des éclisses).



Ensuite avec une cornière en métal (je crois que ça s’appelle comme ça), je vais créer le guide pour la défonceuse : celle-ci devant pouvoir se déplacer sur la longueur et sur la largeur.

La découpe du métal fut un peu laborieuse … je ne suis pas vraiment équipé. Au final, ma petite dremel qui avait une lame pour métal m’a été bien utile !!! A la main, je ne lui avais fait que de petites éraflures !!!! J


Je prends ensuite les mesures de ma défonceuse pour pouvoir caler mon rail avec des chutes de bois.


Je fixe tout cela avec des vis et des papillons (diamètre 6).

Et voilà ma table terminée !

Premier essai sur une table de 5 mm en cèdre

Les deux planches à desépaissir.
On règle la hauteur de la fraise à surfacer.
Voilà ce qu'on obtient au bout de quelques passes.
Et voilà la planche au bout de quelques minutes.
Les deux planches terminées, il y a des petites traces qu'on enlève en passant un petit coup de ponceuse. Pour maintenir les planches pendant cette étape, j'utilise à nouveau ma table aspirante!

Retrouver le centre d'une rosace

A quoi ça sert de retrouver le centre de la rosace?
En fait, lorsque j'ai réalisé ma table pour ma première guitare acoustique, j'ai réalisé le trou de la rosace mais sans réaliser la rainure pour mettre une rosace décorative. Il me fallait donc retrouver le centre de la rosace pour pour faire la rainure à la Dremel.




 J'ai donc utilisé un morceau de contreplaqué sur lequel j'ai redessiné la rosace. Au centre, je fais un trou pour pouvoir y mettre le pivot pour la dremel.


Je découpe grossièrement à la scie sauteuse.
Et ensuite un peu plus finement pour me rapprocher de la rosace.
J'installe tout cela sur une planche et j'y vais demi millimètre par demi millimètre à l'aide du guide circulaire.
J'essaye après chaque passe de voir si mon contre-plaqué rentre pile dans ma table.


Là, c'est encore trop grand.
 Après quelques passe, ça rentre nickel! J'ai retrouvé le centre!
 

Je peux donc faire ma rainure, toujours à la Dremel, pour ma rosace décorative.


 Celle-ci rentre bien. Elle est constitué de filets de padouk, noyer, érable et ébène que j'ai mis en forme.


Ensuite, on colle et on presse!


samedi 19 janvier 2013

Première inscrustation

Pour essayer d'agrémenter mes instruments, j'essaye d'apprendre à réaliser des incrustations en nacre. Le premier essai n'est pas vraiment musical!

J'ai pris imprimé une photo de Gaya le chat de ma copine. Noir et blanc ... et bien on mettra ébène et nacre blanche!!


 Je colle la photo sur un morceau de placage en ébène

 Le petit montage pour découper la nacre et la silhouette du chat.
Finalement pour la silhouette du chat, je refais un montage avec une planche plus grande pour stabiliser le placage.

Après avoir découpé les morceaux de nacre, je les positionne sur le chat et redessine les contours.

A l'aide de la Dremel, je creuse ces emplacements.


 Ahah, petit chat! Tu ne peux plus bouger!!! Et je colle les plaques de nacres.

On ponce la nacre pour la mettre à niveau de l'ébène et on rebouche les trous avec la poussière d'ébène et un peu de colle cyano.



Ma copine n'ayant pas reconnu que c'était un chat, me demande de rajouter son museau.


Effectivement, c'est mieux!

lundi 24 décembre 2012

Fabrication guitare folk de voyage 1ère partie


Déroulement du 9 au 13 juillet 2012
Formateur/Luthier : Frédéric Beaudoin


Guitare folk de voyage type Crafter TRV23 (3/4)

Table : épicéa
Fond : érable ondé
Eclisses : acajou
Manche : acajou
Touche et chevalet : palissandre
Filets et placage de tête : ébène
Rosace : padouk, érable, noyer et ébène


Pourquoi seulement la première partie? C'est parce qu'il faut environ 3 semaines pour fabriquer une guitare acoustique. Or, ne pouvant pas me prendre 3 semaines d'affilée de congés, je fabrique cette guitare acoustique tranquillement en revenant plusieurs fois par an aux Aliziers.

Encore une fois j'ai oublié de prendre les photos du bois brut ...
Heureusement, ce ne sont pas des étapes très complexes!

La table en épicéa qui était en deux morceaux a été collée découpée grossièrement pour se rapprocher de la forme finale de la guitare.

Derrière la table, deux premiers renforts ont été mis.

Le fond en érable a ensuite été collé et également mis à la forme de la guitare.

Sur cette photo, le manche en acajou a été préparé pour avoir l'inclinaison de la tête (environs 14°) et pour avoir le talon. Au premier plan, il y a également les éclisses en acajou.

Sur le moule qui avait été réalisé au préalable en prenant comme référence la guitare CRAFTER, on relève des repères à l'aide d'une règle souple.

Ces mêmes points de repères sont ensuite placés sur les éclisses.

Et on commence le travail de cintrage des éclisses à l'aide d'un fer à éclisse. Attention, ça chauffe!!!

Première éclisse cintrée! Ca a été long mais c'est vraiment agréable de travailler le bois de cette manière: tout en douceur! Ca change de la défonceuse pour le corps d'une guitare électrique!!

Deuxième éclisse: c'est là que ça se complique!! Quelle idée d'avoir choisi un pan coupé et avec des rayons de courbures aussi petits ... La galère: je cintre par ci, ça se "décintre" par là ... Près de 4 heures pour faire cette éclisse! Et encore Frédéric m'a pas mal aidé sur la fin.

Le bloc talon en acajou.

On va l'arrondir un peu pour faciliter le collage avec les éclisses mais aussi pour ne pas que les angles "cassent" les ondes acoustiques.

Voilà à peu près ce que cela va donner ...

... avec le fond en érable.

Collage du talon avec de la titebond.

Ca commence à ressembler à un corps de guitare acoustique!

En gros plan.

Ensuite, voici un petit montage pour préparer les contre-éclisses et avoir une fente de profondeur régulière.

Les largeurs sont faites à l'oeil (qui ne doit pas voir très clair!!).

Après 10 minutes, mes lots de contre-éclisses dont certaines se sont cassées, mais rien de bien grave.

Avec des tiges en bois, on fait en sorte que les éclisses épousent au maximum le moule avant de coller les contre-éclisses.

Et on commence à coller les contre-éclisses toujours avec de la titebond.

C'est joli tous ces serre-joints, non?

Certaines zones étaient moins accessibles donc j'ai dû mettre d'autres types de serre-joints, notamment au niveau du pan coupé. C'est moins joli mais l'important c'est que ça colle!

A la défonceuse, on va réaliser la rainure sur le manche pour le trussrod.
A l'aide d'un gabarit (type tête de Les Paul), on va réaliser la forme de la tête du manche, toujours à l'aide de la défonceuse.

Et voilà, la petite tête avec les emplacements pour les futures mécaniques.

Le manche avec le trussrod, qui permet de régler la courbure de celui-ci.

Le talon du manche, manquant un peu de hauteur, on rajoute un morceau de palissandre provenant de la touche. Ca donnera également un petit côté esthétique à l'ensemble.

Je passe du coq à l'âne mais il fallait attendre le séchage de la colle avant de revenir sur le corps!

On retourne le corps pour mettre les contre-éclisses du fond.

Oups! C'est pas la même chose, car ces contre-éclisses ne sont pas à ras de l'éclisse. Donc j'ai fait quelque chose de beaucoup plus moche! Mais comme précédemment l'important c'est que ça colle!

J'ai raboté l'autre demi-éclisse pour pouvoir remettre des serre-joints (de luthier? Je ne sais plus comme on les appelle).

Et voilà.

Un peu de copeau au rabot! Que c'est beau!

Pas mal, non? Je m'envoie des fleurs mais je suis content de moi! Cool

Une autre photo du corps.

Ensuite, on prépare le manche et plus précisément les zones de collage avec la table, le fond et les éclisses.

On dégrossit le talon.

Le même manche à l'envers!

A la scie à ruban, on réalise une strie pour accueillir l'extrémité de l'éclisse. Au tout premier plan, mes pieds et mon bidon!! Coquin

Et pour l'autre éclisse, un petit rebord pour le collage.

Voilà cette première partie qui se termine (snif) mais on a déjà les principales pièces qui font que ça ressemble à une guitare, non?

Merci à Frédéric pour ses conseils et sa patience.
Merci aux Aliziers pour leur accueil et leur gentillesse! (Je me répète surement!!)
Et vivement le prochain stage pour la suite!!!!!!